Chronique 3RMOICI – Entretien avec Émilie Coderre, Diane Paradis et France Le Blond

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Émilie Coderre, Vice-présidente du comité SEDD
Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel

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France Le Blond, Directrice adjointe des services techniques – Volet services d’hôtellerie CISSS de la Montérégie-Est

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Diane Paradis, Directrice adjointe de l’hôtellerie et du développement durable CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal

Q - Parlez-nous du processus ayant mené à la décision d'implanter le digesteur aérobie dans votre (vos) installation(s) ?

Émilie Coderre – La réflexion sur l’optimisation de la gestion de nos matières résiduelles est entamée depuis plusieurs années. Plus spécifiquement, les procédés de gestion des matières organiques font partie de notre plan d’actions. Durant, les dernières années, plusieurs technologies ont fait leur apparition. Toutefois, les coûts et les réaménagements nécessaires demeuraient trop importants pour notre organisation. Lorsqu’APMOICI a été lancé, nous avons vu l’opportunité parfaite. Non seulement, la technologie proposée permet une gestion simple de toutes les matières organiques sans réaménagement majeur. De plus, en bénéficiant d’une subvention, nous avons eu le soutien de la haute direction afin de mettre en branle ce projet cher à nos yeux.

France Le Blond – Depuis quelques années, la gestion des matières résiduelles fait partie intégrante de notre démarche de santé environnementale. De toutes les matières générées, les résidus organiques représentaient un défi non résolu jusqu’à présent. À travers toutes nos installations, le CISSS de la Montérégie-Est produit et distribue plus de 5 millions de repas par année donc plusieurs tonnes de matières organiques résiduelles  malgré le fait que les surplusalimentaires salubres sont redonnés à la communauté. Le projet 3R-MOICI est donc venu répondre à cette préoccupation. Après quelques échanges avec Nathalie Robitaille, nous avons donc ciblé quatre de nos services alimentaires avec grand volume dans lesquels seront installés des digesteurs aérobies.

Diane Paradis – Valoriser les matières organiques et élargir la collecte de résidus alimentaires faisaient déjà partie des discussions de l’équipe de gestionnaires du service alimentaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. La demande croissante du personnel de récupérer les matières organiques combinée à ce désir existant a facilité la décision d’implanter la technologie. Ce serait mentir de dire que l’accompagnement de Synergie Santé Environnement n’a pas accéléré la prise de décision, surtout en contexte de pandémie où toutes les équipes étaient surchargées. Comme porteur, SSE a non seulement coordonné les premières activités du projet, mais est allée chercher du financement auprès de RECYC-Québec. Un très bon coup de pouce pour débuter!

Q - Selon vous, quels sont les avantages et gains sur la santé et l'environnement de cette technologie (à court et moyen terme) ?

Émilie Coderre – Ce sont 65 tonnes annuellement que nous pourrons traiter. Ce sont autant de matières qui sont détournées du site d’enfouissement, mais de plus nous pourrons profiter d’une matière fertilisante qui va être très utile pour nos projets de verdissement. Nous allons effectuer des tests afin d’éradiquer l’herbe à poux avec l’aide du digestat. Notre bilan environnemental sera grandement amélioré et nos performances vont nous permettre d’obtenir des certifications environnementales de niveau supérieur.Il ne faut pas oublier que l’institut est un milieu de vie pour notre clientèle. Cet exemple d’application d’économie circulaire est un projet symbolique. Nous améliorons constamment nos pratiques afin d’offrir davantage de portions à des organismes locaux et les matières que nous ne pouvons récupérer sont traitées ici même. La matière fertilisante qui est produite sera utilisée par l’établissement dans nos grands projets de verdissement qui profiteront à tous nos employés et à notre clientèle. Cette dernière va également pouvoir l’utiliser dans notre centre horticole qui est déjà bien implanté. C’est une merveilleuse façon de boucler la boucle!

France Le Blond – Les avantages et gains sont nombreux. Au plan environnemental, nous éviterons l’enfouissement annuel de près de 292 000 kg de résidus organiques en plus des GES évités par le transport puisque le traitement se fait in situ.  C’est une retombée positive majeure! À moyen terme, nous visons que tous nos sites récupèrent leurs matières organiques, soit par le biais d’un digesteur aérobie, d’une autre technologie ou via la collecte des municipalités.

Diane Paradis – La preuve n’est plus à faire, les liens entre la santé et la qualité de l’environnement sont indissociables. En contribuant à protéger et à améliorer l’environnement par le concept d’économie circulaire, on protège et améliore forcément la santé des populations. Cette vision transversale appelle des actions concertées, exactement comme le projet 3RMOICI, pour faire de nos milieux de vie et de travail des milieux durables et en santé. À elle seule, la réduction de la production de gaz à effet de serre par les matières organiques durant l’enfouissement que le digesteur permettra fera une différence sur la santé. Selon nous, il n’y a pas de petits gestes!

Q - Dans un contexte de pandémie et de pénurie de main d’oeuvre, comment ce projet a-t-il été perçu par vos équipes et la mobilisation a-t-elle été un enjeu ?

Émilie Coderre – La technologie choisie, nous a permis de pouvoir installer l’appareil à un endroit stratégique. Un processus d’amélioration continue est en place afin de minimiser les impacts sur la routine quotidienne des employés. Nous travaillons toujours en collaboration pour entretenir la mobilisation. C’est plus motivant pour tous de faire un tri des matières lorsque nous pouvons en tirer tous les bénéfices. La pandémie a eu beaucoup d’impact sur nos employés. Tous ont travaillés très fort et les équipes ont montré leur capacité d’adaptation. Le projet 3RMOICI a été bien reçu parce qu’il répond aux attentes de nos employés. Avec tous les bouleversements vécus depuis le début de la pandémie, nos employés sont en quête de sens lorsqu’ils effectuent leurs tâches au quotidien. Les équipes sont motivées de prendre part à un projet concret dont les bénéfices seront visibles et vont les toucher directement.

France Le Blond – Les équipes des services alimentaires sont enchantées par le projet. Dans le cadre de leurs fonctions, ce sont eux -cuisiniers, aide-cuisiniers et préposés aux services alimentaires- qui manipulent ces résidus au quotidien. Bien que le projet modifiera quelque peu l’organisation du travail notamment lors du déblayage des plateaux, la mobilisation de tous est au rendez-vous. La santé environnementale est un sujet qui leur tient à cœur : ce projet est positif et très porteur en cette période plus difficile.

Diane Paradis – Pour tout dire, l’équipe de gestionnaires du service alimentaire était vraiment enthousiaste à l’idée d’implanter le digesteur aérobie. Tout le monde s’est montré ouvert et curieux vis-à-vis de ce projet de développement, d’innovation et d’amélioration des pratiques. Comme ça se voulait une technologie à fort impact environnemental, la majorité a tout de suite été convaincue de ses bénéfices et fière de constater qu’une deuxième vie allait pouvoir être donnée à des résidus alimentaires. L’accompagnement et la sensibilisation efficace de SSE ont tout simplement renforcé ce bel engouement.

Q - Pourquoi avoir fait confiance à SSE pour mener un tel projet ?

Émilie Coderre – Nous travaillons avec SSE depuis plusieurs années et nous avons pu obtenir de si bon résultats grâce à leur dévouement. SSE avait déjà notre pleine confiance donc ce fut naturel de les suivre dans un projet comme 3RMOICI. Ils ont convaincu plusieurs établissements de santé à embarquer dans un merveilleux projet. C’est motivant de savoir que nous sommes plusieurs à mettre des efforts et que les retombées environnementales vont aller au-delà de nos murs.

France Le Blond – SSE accompagne le CISSS de la Montérégie-Est depuis 2015 dans sa démarche de santé environnementale. Le projet 3R-MOICI sera certainement une autre belle réalisation issue de cette collaboration. Nous sommes très reconnaissants envers SSE et Recyc-Québec de pouvoir aller de l’avant avec cette technologie de pointe. Un grand merci à tous les acteurs impliqués!

Diane Paradis – Nous sommes partenaires avec SSE depuis maintenant trois ans. Un lien de confiance grandissant nous motive à continuer ce partenariat à travers le projet 3RMOICI, mais aussi à travers multiples autres projets comme le futur hôpital, l’éventuelle plateforme clinico-logistique ou le plateau de travail en gestion des matières résiduelles (GMR). Possédant une expertise en GMR au sein du réseau de la santé et des services sociaux et jouant le rôle de facilitateur, SSE nous apparaît comme la solution tout indiquée. En effet, bien qu’il faille passer à l’action, mais qu’il soit souvent difficile de savoir par où commencer, il faut savoir bien s’entourer et SSE est pour nous le partenaire idéal.

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